Si j’étais un vieux roi d’Espagne, catholique intransigeant c’est ici que j’aurais fait bâtir un bagne pour y perdre mes ennemis.

Au milieu de pierres de roches – volcaniques poussières où l’ocre éternellement s’achève dans le charbon

Des irruptions perdues – là-bas dans l’océan.

Je m’imagine quelques félons s’épuiser aux grands vents

Sous le soleil ardant de ces cieux sans nuage – l’azur éternelle comme perte de repère.

Ils traineraient derrière eux des poussières affolées.

Je me serais plu, alors, à les faire suivre au loin ; par quelques chasseurs et leurs chiens. Mes affidées tireraient, parfois, quelques flèches.

Ils manqueraient de peu leurs cibles. A chaque fois.

Obligeant les fuyards à reprendre leurs fuites.

Les jours passeraient et le corps agonisant des blasphémateurs serait bientôt amaigri, affamé, épuisé.

Amoindri.

Alors, je lâcherais les chiens vers la mort destinée.

Au régal des rapaces et des rongeurs.

Et je conserverai encore un peu, la sensation d’être le roi.

 

R.

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