COMMUNIQUE DU PARTI DES OISEAUX.

« Aujourd’hui nous pleurons nos morts. Demain nous prendrons soin de les venger. »

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« Le pauvre homme, il ne sait donc pas que dieu est mort. » Nietzsche.

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Il en aura fallut des horreurs, des troubles, des dépressions, des meurtres et du flicage pour que notre vieil ennemi, l’état capitaliste, nous fasse regretter jusqu’à la démocratie bourgeoise, ce souvenir pas si lointain. D’aucuns qui hier encore trouvaient excessif le slogan  » le régime ne tient plus que par sa police » doivent à présent avouer qu’il est en deçà du réel.

La police est devenue le régime.

Il y avait cette fiction qui depuis deux siècles donnait un peu de légitimité à la démocratie bourgeoise : la fiction du droit et du parlement, de la séparation des pouvoirs et de la représentation. Mais ce conte s’est achevé pour laisser place à un mythe nouveau. Toutes les démocraties sont devenues illibérales.

La distanciation sociale donne à présent la trame de cette dystopie. La peur et l’espoir en sont les affects principaux.

La peur et l’espoir comme affects obligatoires.

Cette vieille épouse qu’est la mort vient nous rappeler les raisons de nos peurs. De nos peurs enfuies. La crainte d’un anéantissement total. D’un néant à venir. Placarder partout le nom du fléau. Transformer le monde en salle d’hôpital. Aseptiser sa vie. Son « chez soi ». S’adonner à l’endoflicage. A l’autodélation.

Le vieux rêve de la société de contrôle est sur le point d’être atteint. L’opacité sera bientôt un souvenir. Le fait d’une ancienne civilisation des mœurs que l’on aurait quitté par progrès, par sécurité. La publicité devenue mode éthique de l’existence se joint à la géolocalisation.

L’auto géolocalisation permanente.

Mais l’espoir couve. Et c’est lui que l’on applaudit a 20h. Nouveau grand messe venu pallier la baisse de légitimité des mass medias. L’espoir sourit à son balcon : il rencontre son voisin. Et tous s’observent, étrange foule, depuis les barreaux de leurs prisons intimes. Ils s’applaudissent les uns les autres ; crient, chantent, comme ces taulards qui tentent, dans une cohue collective de troubler l’ennui de leurs incarcérations.

Et l’état bande dure. Son érection excite tous ce que ce misérable pays compte encore d’abrutis qui pensent compenser leur propre impuissance par la puissance accrue de l’idole monstrueuse. Dépossédés de tout, à commencer de leurs volontés de devenir adulte, les enfants du Spectacle applaudissent cette dernière mutilation.

Les voilà enfin libres de ne plus avoir honte de ne pas vouloir être libres.

Le dispositif sanitaire vient donc d’achever de nous déposséder de tout.
Le droit résumé en un simple droit de consommer. Le slogan  » travail, consomme et ferme ta gueule » scandé pendant toute la séquence gilet jaune sonne à présent comme une prophétie.

L’état de droit effeuillé de tous ses fondements tendait inexorablement vers cela. L’état d’urgence n’aura été que l’accroissement d’un processus. Ceux qui invoquent encore le droit commun se trompent d’époque : le droit commun c’est l’état d’urgence. Ou du moins celui ci à finit par être absorbé, englobé, dans les nombreux événements sociaux et politiques dont les dominants profitent. De flash-totalitaire en flash totalitaire les justifications d’accroître les pouvoirs des agents de l’ordre policier diffus entrent dans les corps avant d’atteindre les cerveaux.

Puis on s’habitue. Bête malléable et fragile si sensible au syndrome de Stockholm. On finit par croire que l’on nous torture pour notre bien. Voici venu le règne des petits chefs, des tortionnaires, des harceleurs, des sycophantes.

Sorciers dont la présence était déjà partout.

Il suffisait de rendre la règle plus dure et plus floue.
Car s’il n’y a pas de règle claire alors la terreur fait office de loi et l’arbitraire de procédure.

Il faudra un jour rappeler aux flics que dans un état de droit normal ils sont chargé de mettre des individus entre les mains de la justice. Pas de faire justice eux mêmes.
Mais il semble bien loin le temps où la bourgeoisie libérale et catholique régnant sur ce pays lisait encore Montesquieu. Lointaine semble l’époque où quelques contre modèles les obligeaient à tenir un peu leur délire de domination sans borne. Ils n’ont plus aucun besoin de nous paraître agréable. Et il nous semble peu probable qu’un Geroges Louis Bouchez comprennent quoique ce soit à la théorie de la séparation des pouvoirs.

Après tout, son parti accepte de gouverner sans majorité au parlement.

Son parti accepte que l’on donne des pouvoir accru à une personne qui n’a pas été élue, mais nommée. A une personne dont le boulot était auparavant de préparer le fiasco de la crise sanitaire en cours en sabrant sans gêne dans le budget et de la personnel de l’hôpital publique.

Son parti accepte à présent de gouverner avec une opposition mise dans la majorité mais exclue tout de même de l’exécutif.

Au royaume de l’absurde l’incompréhensible s’est fait loi.

Pas besoin d’être un anarcho-autonome ultra jaune du  » parti du black bloc » pour constater que la conception classique de l’état de droit ne tient plus. Que la dictature autonome, non souveraine et diffuse est-là.

Nous tenons par ailleurs à rappeler au gouvernement en place qu’un mandat dure 4 ans. Qu’allez vous nous trouver pour rester quelques mois de plus ?

Incapables de former un gouvernement, vous sautez sur chaque excuse pour perpétuer votre règne. Mais une fuite en avant ne peut etre éternelle. Votre coup d’état ne saurait être permanent. Chaque jours vous perdez en légitimité. Votre mesquinerie coûte beaucoup trop de vie.

Nous prenons aujourd’hui le temps de pleurer nos morts.
Nous prendrons demain le soin de les venger.

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« Que de choses il faut ignorer pour agir. » Paul Valery.
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L’état d’urgence sanitaire dit notre défaite.

A trop nous agiter nous avons perdus jusqu’aux sens commun des choses. Notre guerre, devenue platement métaphysique s’est émancipée du territoire. Nous ne cherchons plus qu’à conquérir des concept. Vaste illusion.

La distanciation sociale, le confinement, le flicage, la peur, le meurtre et l’espoir sont les stratégies d’une lutte de territoire depuis longtemps menée par les fanatiques de l’apocalypse.

Dans ce misérable royaume, seule deux zones ont refusés ce perfectionnement du contrôle dans l’agencement des corps dans l’espace et dans le temps. La TAZ émeutière d’Anderlecht et la ZAD de la Sablière d’Arlon.

Rien d’étrange dans cette constatation sauf pour qui feint de ne pas voir que la métropole est partout.

La métropole ce n’est pas seulement le béton et les macdo. C’est aussi l’immense enfoiré qui a regardé Adil dans les yeux depuis les vitres teintés de sa bagnole banalisée; avant de tourner son guidon. De bifurquer vers l’assassinat. C’est cette cohorte de connard qui disent encore  » la société » et confondent le constat du désastre avec l’éthique stratégique qui permet d’y répondre. Folklore indécent. Ceux qui, de programme politiques précis finissent par se vautrer dans le lifestyle le plus inoffensifs toute en brandissant une esthétique révolutionnaire qui n’est plus qu’une représentation sans combat. La répétition acharnée des mêmes gestes absurdes. Le culte de la défaite comme certitude de rester martyrs. Car qui souffre a toujours raison.

Révolutionnaires vous êtes restés si chrétiens.

Comme l’état trouva dans le COVID 19 une manière de justifier son existence ceux qui s’en prétendent l’ennemi firent de même. Mais le vent est trop fort pour ne pas faire s’écrouler les châteaux de pailles.

Quand nous disons : la métropole est partout, nous voulons surtout dire que les possibilités de la contester étaient déjà là avant le COVID 19. Qu’en vérité, les révoltes logiques étaient déjà à l’œuvre et qu’une telle urgence n’appellent qu’à les intensifier. D’où le rapprochement entre la TAZ d’Anderlecht et la ZAD d’Arlon. Car se sont là deux luttes de territoire – de territoire parce que qui y attaque ou la défend connaît le lieux et ses contours – les connaît jusqu’à l’intimité. Le souvenir des amours vécus, des ruptures amicales, des déménagements qui laissent en nous comme une petite cicatrice, des après midi pluvieuses imprègnent les rues et les bois comme tant de fantômes qui dansent avec le désir de ne pas se laisser humilier chez soi.

Nous ne nous laisserons pas berner par ceux qui disent que tout est à réinventer à présent et feignent de ne pas se rappeler que le présent était déjà perdu il y a de cela six mois.

Faire œuvre de décivilisation, c’est prendre le territoire, par tout les moyens pour y organiser dès maintenant les mondes de demain.

On nous retoquera « mais c’est une fuite !  » A cela nous ne pouvons que répondre : la fuite est dans la perpétuation du présent. Il convient de ne plus faire de différence entre destruction et construction.

Nos ennemis ne prennent pas ce temps là. Ils savent que c’est la même chose pour avoir tant expérimenté la destruction afin d’obtenir le pouvoir de construire.

Il y a des squat à ouvrir, des maison communiser, des forêts à sauver, des ZAD à conspirer.Des émeutes à rejoindre. Des communes à bâtir. Des mondes à inventer.
Des ronds points a reprendre.
Il s’agit de faire pays dans un pays
Pour enfin habiter en oiseaux.

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« Il n’y a nul part d’accès a l’age adulte : seulement la longue transformation possible, un jour, de cette longue inquiétude en sommeil mesuré. C’est parce que personne ne cesse d’être tenu en tutelle. La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement ; mais toujours d’une manière qui leur echappe. » Guy Debord.

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Ce qui est en jeu ici c’est la possibilité d’autres rapports au temps. La crise du corona nous place résolument dans un demain-potentiel. Maintenant ne sert plus qu’à la reconstruction d’un avenir-en-sursis. Comme la révolution promet les lendemains qui chantent ou le christianisme une apocalypse où les âmes seront triés pour la fin des temps, le gouvernement promet lui aussi que la fin des mauvais jours viendra si l’on sait être discipliné.

De partout on parle d’après. Mais il n’y aura pas d’après. Juste la menace de durcir à nouveau les mesures. Ce que cette nouvelle forme de gouvernementalité veut c’est détruire toute présence au monde – et pour cela il lui fallut détruire tout monde autant que tout présent. A cette crise de la présence ne peut que répondre la recherche d’une présence accrue, d’une sensibilité modifiée consciemment, d’une sensibilité qui se modifie à mesure que l’on modifie les lieux que nous habitons. Les lieux qui nous habitent.

Créer des mondes c’est aussi déchirer les calendriers. Choisir ses urgences comme ses errances. Ses fêtes comme ses jours de chantier. Gagner du temps.
Gagner du temps sur l’économie en communisant ce qui peut l’être. En produisant dans le but de communiser.
Gagner du temps sur la mort-eveillée à laquelle nous promets les dispositifs qui font la métropole.

Gagner du temps sur la bétonneuse en fondant partout des communes, à l’instar des colonies socialistes parties conquérir l’Amérique, défendre les forets, les bocages, les friches, les habiter pleinement.

Se rendre autonome au point d’en devenir ingouvernables.

Créer des ailleurs au beau milieu d’ici. Mais surtout penser chaque position comme prise dans une situation. On attaque pas l’ordre propriétaire de la même manière à Molenbeek qu’à Uccle. A Arlon qu’à Liège.

A mesure que le capitalisme se remet enfin de sa phase keynésienne et du compromit social démocrate ; il revêt les habits bouffons des débuts de sa phase industrielle. Le capitalisme contemporain c’est les tacherons plus la cybernétique. Et bien entendu, en bon valet, l’état lui aussi durcit sa vieille méthode de maintient de l’ordre : l’indifférence ou la matraque.

Et chacun sait combien on est doué, dans ce misérable pays, pour nier l’évidence.

A construire ce monde sans nous ils ne nous laissent comme choix que d’en construire d’autres sans eux.

Il ne s’agit pas bien entendu de lâcher les luttes de terrains au profit d’une quelconques fuite, ni de penser qu’une éclosion de monastère révolutionnaires suffiraient à être à la hauteur de l’époque.

Nous pensons simplement que pour mener des batailles et des opérations tactiques il est besoin de lieux où se replier et se reposer.

Nous trouvons absurdes que certain.e.s. ami.e.s. aient dus renoncer au plus beaux actes gilets jaunes parce qu’ils devaient payer un loyer, et pour se faire, concéder à ce monde la majorité de leurs temps.

Résumer la puissance à la force brute revient non seulement à viriliser la question, mais aussi par l’exercice d’un certain nihilisme a fournir l’occasion de bousiller nos ami.e.s. a coût de stress post traumatiques.

Ouvrir une bibliothèque ou une librairie permets d’armer les esprit.
Communiser une maison de diminuer l’aliénation marchande. De rendre plus displonible au renversement de ce monde.
La où une ZAD ou un squat sont des attaques. Ces autres formes de la décivilisation sont une formes de la guerre considéré comme art du repos.

Le COVID 19 nous dit donc qu’en cas d’épidémie, mettons, d’une maladie plus létale, les puissants nous abandonneront. Ou seront tellement incompétents que la mort deviendra une certitude. Qui vraiment, à envie d’être sous la férule de Maggie de Block en ce qui concerne sa santé ?

Le mouvement ouvrier, fut un temps, fondait des universités populaires, des maisons des femmes, des médecines du peuple.

Nous pensons qu’il faudra renouer avec cela si nous voulons survivre.
Recréer les lieux qui nous rendaient, à nous autres damnées, de la dignité et de la puissance.

Non plus des centres sociaux – mais des maisons du peuple.

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J’veux m’envoler
J’suis un oiseau.

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