Nous sommes les corps épuisés de la civilisation industrielle

Nous sommes les corps trop maigres ou trop gras

Les corps fatigués, épuisés de travail ou de chômage

Gonflés de malbouffe

Nous sommes du parti des oiseaux.

 

Nous sommes les corps mutilés des cadences

Des réveils aux petits matins

Des insomnies alcooliques

Nous sommes les corps cernés

 

Nous sommes du parti des renards

 

Nous sommes les corps des excès

Corps sans maintient

Corps absurdes que l’on ne veut pas voir

Nous sommes les corps agressifs qui se battent dans la rue avec des inconnus

Qui insultons la police

Car nous sommes les corps humiliés qui ne veulent plus l’être

 

Nous sommes du parti des forêts

 

Nous sommes les corps sous antidépresseurs

Nous sommes les corps des rages anesthésiés qui ne demandent qu’à exploser

Nous sommes les corps sans voix qui aspirent à hurler

 

Nous sommes du parti des étangs

 

Nous sommes les corps sans habitat les corps de rue et de froid

Nous sommes les corps écœurés d’être dépossédés

Nous sommes les corps tabassés par vos flics

 

Nous sommes du parti des rivières

 

Nous sommes les corps à qui vous refusez la grève ou la retraite

Nous sommes les corps angoissés des fins de mois

Nous sommes les corps promis à toutes les fins du monde

Nous sommes du parti des cabanes

 

Nous sommes les corps qui aspirent à la révolution.

Nous sommes Gilets Jaunes.

Et nous venons renverser votre monde

Car nous sommes les corps qui aspirent à la joie,

Et au partage.

 

 

Roland Devresse.