La situation répressive en Belgique se fait plus sentir dans l’étouffement des mouvements contestataires que dans les coups de matraques, nous en parlions suite au 26 mai. Dans la technique dite du coussin fonctionne bien et empêche tout mouvement insurrectionnel d’éclore. Dès lors comment arriver à vivre librement sans le poids du système étatique, marchand et technicien dans lequel nous vivons ?

Si les émeutes sont plaisantes elles sont loin d’être suffisantes, de plus en plus de lieux ouvrent dans lesquels nous essayons de nous réapproprier nos vie. La réappropriation de la vie passe par le fait d’être le propre maître de son corps, de sa sexualité, par le fait de ne plus subir les contraintes diverses imposées par l’état et le capital, ne plus leur lâcher de tunes, réapprendre à vivre ensemble, retisser nos liens sociaux, ne plus être obligés de travailler pour pouvoir consommer que ce soit des produits inutiles que nous envions de par notre consommation ou des produits de première nécessité, nous parlons donc de lieu où nous luttons pour notre autonomie.

« Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous ! » Rimbaud

Ces lieux peuvent être des squats dans lesquels on vit, des centres sociaux, des ZAD, tous ces lieux ont pour trait commun le fait d’arracher à la propriété privée des parcelles, de (ré)apprendre à vivre ensemble, bref de vivre le communisme. Si ces lieux sont nécessaires ils risquent toujours de se faire détruire, l’expulsion nous guette à tout moment. Nous avons également besoin de lieux où casseurs, squatteurs, zadistes, fatigués du vieux monde, rejetés du vieux monde, bref d’endroit toute personne qui en a marre puisse venir se reposer, partager, vivre.

Il serait absurde de vouloir supprimer les autres modes de luttes, nous parlons ici d’un plus. Nous parlons de construire nos nids, nous entendons par là des lieux paisibles où nous ne sommes pas menacés (bien que tout oiseau reste menacé par le monde extérieur et la bétonisation), construits nous-même. Ces lieux desquels nous sommes maîtres mais dans lesquels nul n’est maître nous apprennent à vivre autrement loin du joug de l’état et du marchand.

« L’essence la plus intime de l’être est la volonté de puissance. » Nietzsche

Allons vivre là-bas, ensemble, construisons, créons, élevons. Venez apprendre, enseigner, partager, venez mettre en place les situations dans lesquelles nous pourrons jouir sans entrave, dans lesquelles nous pourrons accroître notre puissance ; car si nous ne le faisons pas, le vieux monde ne le fera pas pour nous.

 

« Deuxième thèse : Ainsi que l’affirmait Léopardi, l’oiseau est l’animal qui accorde au hasard le plus d’espace/temps et d’indolence en indolence, va sans nécessité de branches en branches, suivant un soleil déclinant puis, par la crainte d’un ennemi, fuit vers d’autres bois. Si l’oiseau fuit, c’est que le monde n’est pour lui qu’une immense maison peuplée d’hostilité, qu’il habite, de ses coutumes propres L’oiseau habite la crainte, car son foyer n’est que précarité.

Nous n’habiterons qu’à conditions  de peupler l’hostilité du monde pour en faire une coutume. » 2ème thèse du parti des oiseaux

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