Nul ne peut désormais ignorer le désastre en cours.

Un été aux vents apocalyptiques a fait fondre les derniers sourires sarcastiques qu’affichait hier encore le parti des autruches.

La jeunesse s’est levée pour réclamer une loi climat. Ce furent les premières grèves étudiantes depuis bien longtemps, et d’impressionnantes marches climats. Nous avons pris part à ces manifestations. Et pour seul résultat nous avons reçu en retour le mépris de nous voir accorder des coachs climat dans les écoles.

La question, qui se pose désormais à nous c’est que faire ?

Le mouvement climat reste en lui-même divisé sur cette question. D’un côté, il y a ceux qui pensent qu’il suffira de tout agiter pour que rien ne bouge, et de l’autre, ceux qui pensent qu’il faut se bouger que tout cesse de s’agiter. Nous sommes de ces derniers. Les marches climats n’ont jusqu’alors obtenue que l’approbation de certaines couches restreintes de la population, et pour cause, nous sommes restés très abstraits quant à nos buts et d’aucuns pensent même que, au final, nous n’avons été qu’un moment dans une vaste campagne électorale. Ils ont sans doute raison.

La question revient donc : que faire ?

Nous sommes convaincus que nos demandes aux gouvernements ne peuvent pour l’instant d’aucune manière empêcher le désastre.

Notre but, à présent, est de rejoindre des luttes de terrains. Des luttes qui sont directement liées à la vie des gens. Destructions de parcs ou de forêts, constructions de routes contre des agriculteurs, destructions de sablières, restructuration de quartier, expulsion de centres sociaux.

Ce que nous aimerions rendre à travers cela c’est que l’écologie n’est pas seulement une affaire d’experts et de politiques, mais c’est aussi la question plus englobante de nos cadres de vies, de comment nous voulons vivre. Il s’agit sommes toutes de rendre sensible ce qui peut apparaître comme très éloigné de nous.

En rencontrant d’autres personnes en lutte contre des projets inutiles nous avons remarqué surtout une chose : nous nous sentons tous seuls et impuissants.

C’est contre ce sentiment que nous voulons agir. En montrant et démontrant que de partout la problématique est la même, et qu’il suffirait de s’unir un peu concrètement pour reprendre de la possibilité d’agir sur nos vies et notre environnement.

La tâche qui désormais incombe aux écologistes, c’est de se faire point d’intersection entre différents mondes pour que s’opèrent des rencontres.

Et que de ces rencontres advienne leur interpénétration.

La diversité des tactiques que l’on réclame à grand cri ne pourra venir que de là.

Seul le réel, affectivement vécu est à même de créer la confiance entre des êtres.

Seul l’événement, affectivement vécu, est à même de rendre évidente la diversité des tactiques.

Et qu’on ne nous fasse plus le coup de la convergence des luttes.

Plus que jamais l’amitié est devenue une manière de pratiquer la révolution.

On aime jamais qu’une personne, on aime aussi les mondes qu’elle transporte, l’habitat qu’elle anime, et la peine qui hante ses gestes.

Nous parlons en vérité de recoller les morceaux de notre puissance éparpillée.

Quant à ceux qui, malgré l’urgence, joueront le jeu du Vieux Monde en opposant constamment le manichéisme de la pensée dualiste — colibris vs radicaux, réformistes vs révolutionnaire, potager collectif vs ZAD — nous leur annonçons directement que, pour nous, ce genre de questions sont devenues sans objets.

Nous n’avons plus le temps de danser autour des fétiches ni de prendre part à je ne sais quelle controverse autour du matricule des anges. Ces querelles byzantines ne sont qu’une manière de justifier son refus de s’impliquer, de s’impliquer jusqu’au malaise, dans l’impureté du réel.

Un ami nous parla un jour de colibri à marteau brise-vitre. Le colibri arbore de nombreuses couleurs. Du vert clair au jaune.

Le mouvement qui vient, et qui se devra d’être radical en ce qu’il doit revenir aux racines du réel — qui se devra d’être radical jusqu’au réformisme d’occasion-  le mouvement réel

disions-nous

sera abolition du sentiment d’impuissance.

 

L’écologie, quant à elle, sera volonté de puissance

Ou spectacle de la fin du monde.

 

Êtes-vous prêt pour cette dernière révolte

avant la fin d’un monde ?

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