0

La ZAD VIVRA

Ici ou ailleurs

Depuis le 08 mai nous participons à l’occupation de la salle des marbres de l’ULB.

Si un certain brouillard semble rendre opaques nos objectifs directs, c’est que notre première revendication est déjà en expérimentation. La Zone à Démarbrer est le lieu de ce laboratoire. Si quelques problèmes techniques et logistiques compliquent cette expérimentation, nous nous réjouissons de donner à vivre l’autogestion concrète entre étudiants, membres de la société, et membres exclus de la société par le statut de sans-papier.

Nous refusons que ce laboratoire de convergence cesse et s’épuise. Aussi, avons-nous décidé d’occuper de manière illimitée la salle des marbres tant qu’une autre salle ne nous sera pas alléguée. En sommes, nous réclamons que la ZAD débouche sur une Maison des étudiants basée sur les mêmes principes d’autogestion et de solidarité concrète.

Diverses expériences ont déjà prouvé que, des mondes qui semblent s’ignorer, peuvent se rencontrer au gré d’une discussion, d’une projection ou d’une soirée, d’un échange de savoirs et de pratiques. Qu’une certaine cohabitation entre étudiants, occupants et soutien non-étudiant est possible. Qu’il est possible de sortir l’université de son cloisonnement communautaire. De l’ouvrir à autre chose qu’a la verticalité des savoirs et des avis. Qu’il est possible de créer de la culture politique dans ce pays si platement coutumier du consensus le plus plat.

Si certaines expériences peuvent sembler anodines, nous les considérons quant à nous essentielles. C’est qu’il y’a dans notre manière d’occuper quelque chose de sensible, de réellement vécu, quelque chose d’immanent.

Créer un magasin gratuit à base d’objets et de vêtements donnés ou récupérés peut sembler anodin.  Permettre à chacun de se nourrir, de boire, gratuitement ou à prix libre  peut sembler anodin. Permettre à des étudiants ou des non-étudiants d’avoir un toit et un lit pour une nuit ou deux cela peut paraitre anodin. Pour certains, en tout cas.

Mais pour nous, c’est l’occasion de montrer, de démontrer, qu’il est possible de casser la marchandisation de l’université par des actes concrets. Par la simple volonté d’étudiants.

Qu’il n’y a pas d’obligation de sous-traiter la vie à toutes les entreprises privées qui s’étalent sur le campus.

Si de simples discussions peuvent paraitre anodines, nous les considérons quant à nous comme la preuve que divers milieux sociaux peuvent se rencontrer, se parler, échanger, dans le respect de leurs diversités et dans l’exercice d’une conflictualité cordiale et politique.

Nous réclamons par conséquent qu’un lieu soit offert à la poursuite de cette expérience.

Les liens ici créés sont indéniables. Ils se poursuivront et continuerons de créer, ici et maintenant, la possibilité d’un autre monde.

Nous ne quitterons pas la ZAD tant qu’un autre lieu qui ne permet pas de reproduire et poursuivre ce laboratoire de recherche vital ne nous sera pas alloué, avec un bail long. Un lieu visible, accessible, où chacun peut se sentir chez soi. Un lieu de convergences des luttes, des arts, des vies.

Il s’agit de vivre la joie, ici et maintenant.