Nous sommes nés dans le bruit, les larmes et le sang.

Comme avertis de ce qui nous attendait.

 

Et nous avons grandi.

 

Le sel, encore et sans cesse a rougi nos joues.

Nos narines, brûlées, se sont bouchées ; elles ont saigné.

Nos estomacs, deuxièmes cerveaux, se sont acidifiés par tant de fois meurtris aux mauvais breuvages.

Et nos cœurs… arythmiques face au tempo de l’Histoire qu’on nous disait finie.

 

Paradis artificiels, nous mourrons.

Métropole, nous vomissons.

Le vacarme ne donne pas de répit.

 

Pourtant, on y devient sourd. Comme si tout ce bruit s’annulait.

Un chanteur disait que plus rien ne l’étonnait ; et bien sachez que nous sommes de cette veine-là.

Nous sommes de celles et ceux qui ont cessé de croire et que plus rien ne déçoit.

Gamins des villes, des néons enfumés, des décibels autoritaires. Gamins à jamais meurtris et toujours debout.

Car nous avons péri.

Il en fallu de peu pour qu’on nous enterre, mais nous revoilà.

Galvanisés.

Les yeux humides,

une flamme y brûlant.

 

Les enfants du vacarme

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