Praeambulum
Espoir : sorte de peste bubonique qui vous suce la moelle épinière et gangrène l’esprit

Désir : le bruit du glaçon qui cogne les pourtours d’un lourd réceptacle où glisse une lampée

de liqueur ambrée

 

Je n’attends plus rien.

Pas de toit, ni de toi.

 

Les succursales de mon esprit détalent

Foncières, domestiques, salariales

Plus d’attaches sociales, de gagne-pain

Mon contrat avec le système a pris fin

 

 

Dans mes rêves j’avale des bébés morts pour les réaccoucher morts.

Voilà ce que m’inspire les heures ou je ne dors pas.

Le théâtre répugnant qu’est ce monde et ses protagonistes hantent mes nuits.

 

(Il paraît qu’on peut se débarrasser de poux en passant une nuit avec de la mayonnaise sur le crâne)

 

 

J’ai peur.

 

 

Mais je n’y retournerai pas.

Pour aucun sou, ou promesse dégoulinante d’égoïsme amoureux

 

Ici il fait bon vivre, les chemins sont tortueux, aucunement tracé, je crois même qu’il n’y a pas vraiment de passages. Une falaise plutôt. Abrupte, apaisante. Tout a déjà été tenté et mesuré, on ne pourra plus trébucher dans les abîmes. Sans attentes, la chute est tout bonnement impossible. Diantre ! Un safety net de malade de l’autre côté du seuil. Les ingénieurs des vieilles latitudes en seraient blafards.

 

Regarder l’horizon pour rien n’y voir. Sensation étrange et rassurante.

 

Déjà confrontée à tous les mythes de la réussite. Mon heure a sonnée. Game over. Et merde quoi, j’ai gagné. J’ai réussi à percer cette bulle tellement épaisse de plastique bétonné qui colsonne l’humanité. Comme si j’avais mérité le droit de battre en retraite, de me languir jusqu’à la fin des temps de l’autre côté de la barricade. D’errer de vers en verres, vers les effluves vagues et brumeuses d’un brouillard touffu. Tout est noir et blanc.

 

Delenda Est. Certes, il faudra quand même tout brûler. La sucrosité jaune-orangé des flemmes couleur tarte à l’abricot brillante, apporte un certain éclat au tableau festif d’un monde régi par l’opprobre.

 

Il reste quand même du travail et je ne suis pas seule au bord du précipice suave de l’impudence. La marge n’est pas très large comme territoire. Les barricades olfactives contre le vomi d’atmosphère rance et âcre qui émane de leurs géantes pipes verticales restent à renforcer.

 

Ca pue grave.

 

 

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