Nous avons été invité à l’Equal Day : 2019 dont le thème était cette année : faut il consacrer la désobéissance dans le droit ? A cette occasion nous avons tenu l’allocution qui suit. 

Nous les sans droit.

Notre vision du droit est simple. Nous la tenons d’un chancelier Allemand expert en cynisme et en brutalité : Otto von Bismarck. Il disait : la force fonde le droit. Je dois vous dire d’emblée que, si nous souscrivons à cette définition du droit c’est parce que nous nous considérons sans droit.

Et je peux ici, sans trop de crainte de les trahir, me faire autant le porte parole de certains autonomes, de certains gilets jaunes, de certaines personnes issues de l’immigration. Si nous soucrivons à la définition de Bismarck c’est parce que justement nous sommes le parti des impuissants, des sans force.

Chaque fois que nous avons tenté de nous défaire des conditions d’existence qui nous sont imposées, chaque fois que nous avons voulu relever la tête c’est, avant la force judiciaire, la force brute et arbitraire de la police qui vint nous signifier de rester à notre place.

Je ne vous parle pas de simples arrestations. Je vous parle de gazage, de matraquage. Je vous parle de poursuite à cheval en plein centre ville. Je vous parle d’étranglement. Je vous parle d’insultes racistes, homophobes ou sexistes. Je vous parle de mort.

Je vous parle de trouver devant chez vous une voiture de police qui observe les va et vient. Je vous parle d’être suivit en pleine journée par les renseignement généraux. De voir très rapidement vos conversation écoutées ou vos communication bloquées.

Il est vrai que ce qui nous sépare de la plupart des organisations ici présentes, c’est que nous ne faisons pas d’action. Nous nous abandonnons à un processus. Et ce processus s’appelle : insurrection.  Seule noblesse de l’esclave selon Nietzsche.

Nous ne croyons pas au droit, cette fiction bourgeoise, poétique à souhait.

Comme vous me voyez ici, j’ai été condamné en France à quatre mois de prison avec sursis pour  » groupement en vue de commettre des violences et des dégradations ». Un crime d’intention, donc. Qu’on ne vienne plus railler avec cela les fameux procès de Moscou.  Qu’on ne se méprenne pas non plus qu’en Belgique nous n’en sommes pas là. Si nous n’en sommes pas là, c’est que l’inéluctable insurrection n’y est pas aussi avancée.

Et que le maintient de l’ordre semble faire office, ici, de justice et de punition.  Gilets jaunes arrêtés préventivement. perquisitions abusives, terreur dans les quartiers, intimidations.

Rire pervers du commissaire Vanderssmissen. 

 

Credits @François Dvorak

Vous nous demandez si la désobéissance doit être consacrée par le droit ? Moi je vous demande : y a t-il un droit qui nous protège de l’angoisse. Y a t-il un droit contre  la paranioa ? les insomnies ? les syndromes post traumatiques ? Y a t-il un droit contre la peur d’être tabassé par deux barbouzes au coin d’une rue ?

Y a t-il un droit pour nous, les sans droit traqués par l’état -celles et ceux dont les corps ne mérita pas la compassion des médias ? Y a t-il un droit lorsque des militants climats nous livrent à la police ?

Y a t-il un droit contre l’indifférence ? 

 

Leave a Reply

S’abonner à la newsletter