« La ZAD est une œuvre d’art en ce qu’elle fait monde. La destruction des cabanes est avant tout la destruction de ce qui fait le plus signe de ce en quoi elle fait monde. »

In Quelques notes étranges sur la ZAD de NDDL.

La rue ou rien.

Sauver ce qui peut l’être,
Occuper ce qui est menacé,
Déconstruire les mythologies du vieux monde,
Casser sa mécanique,
Stopper son développement mortifère,

Se rencontrer,
Rire,
Parler,
S’engueuler,
Partager,
Ressentir ensemble,
Retrouver de la joie et de la solidarité,
Créer du commun,

Vivre. Revivre.

P.A.

photo : @ErisLouison

La rue ou rien.

 

Troisième thèse : L’oiseau est le maitre du temps, car nulle horloge autre que soleils et lunes ne sont venus dicter les gestes de sa journée. Ainsi, la mésange est maitresse du matin, le merle maitre du soir, la chouette maitresse des nuits. Il n’est d’horloge qui ne soit jalouse des oiseaux pour ce qu’aucun progrès ne soit parvenus à entamer sa liberté coutumière. Le chant du coq même témoigne de cette impossibilité de l’oiseau à s’intégrer pleinement au monde consumériste. Imperturbable, l’oiseau continue de sonner pour d’autres animaux, zadistes et rongeurs, fermier et chiens, l’habitude enfuie de ne se réveiller ni trop tôt, ni trop tard, juste à temps.

Nous ne retrouverons le sommeil qu’à condition d’inventer des matines non chrétiennes.

In Quelques thèses fondamentales sur le parti des Oiseaux(…). 

La rue ou rien.

LA VIE DANS LA ZAD

Ici, chaque jour découvre ses propres surprises.
Dans l’effervescence du quotidien, rien n’est prévu,
Tout se déroule sans qu’on ne s’y attende,
Et rien ne se reproduit jamais.

Ici, les êtres se côtoient avec nonchalance et simplicité,
Tout le monde se parle, les affinités se créent, sans aucune nécessité de décliner son prénom ou son identité.

Ici, les camaraderies d’un instant sont sans doute les plus belles,
Car elles suffisent au moment vécu,
Car elles sont une lame qui transpercent un présent sous surveillance générale et soupçon permanent.

Ici, à la « ZAD », ce Pays dans un pays qui stipule une décolonisation directe de l’espace,
Du temps,
Des êtres,
Plus rien ne vaut plus que la vie en elle-même.

Ici, plus rien ne justifie que les tenants de l’ordre ordinaire ne déploient leur artillerie pour détruire notre présent.

#ZADPartout

P. A.

La rue ou rien.

Cinquième thèse : L’agressivité de la pie est l’agressivité propre aux bandes urbaines. Il réside dans cette cruauté, dans cette communion dans le mal, qu’une communauté apparait, et qu’à toutes formes morales de comportement, cette communauté substitue l’évidence éthique de la défense du clan. Qu’à toutes velléités de bien se voit substitué le désir de protéger et étendre la puissance de qui l’on aime.

Nous ne saurons aimer et nous défendre qu’à condition de devenir, ensemble, méchant comme des pies.

Sixième thèse : La colombe enseigne la guerre comme l’aigle enseigne l’amour. Car la colombe sait combien l’art de se faire aimer est art d’enfermer l’autre comme l’aigle sait que l’art d’aimer est art de fondre sur une proie pour la lâcher dans le vide.

Nous n’atteindrons la tendresse qu’à condition d’enfermer dans le nous, puis d’offrir le néant à ceux que nous avons la prétention d’aimer

In Quelques thèses fondamentales sur le parti des Oiseaux(…).  

Leave a Reply

S’abonner à la newsletter