Bruxelles, d’abord.

Bruxelles, immense camps de consommation.

Bruxelles contre-insurrectionnelle.

Tout l’environnement s’y confond avec l’ordre.

L’ordre incessant du flux des marchandises

Humaines. Touristiques.

Funestes.

 

Tenter de rendre compte de la situation.

Montrer tout ce qui s’est déplacé

Alors que tout se prétend immobile.

 

Fascisme au Nord

Flics en roue libre.

Ici, ON gouverne, même sans gouvernement.

Ici, ON  a fait de la vie une affaire courante

Ici, même une crise de régime n’entraine plus la chute du régime

Le gouvernement est invisible.

Le gouvernement, comme un art du spectacle – comme une scène où l’ON feint que rien ne se passe.

L’évenement n’aura pas lieu.

Ils disent : «  la guerre ou rien. »

 

ILS NOUS ONT ACCULÉS A CA : LA GUERRE OU RIEN

            PUTAIN PUTAIN PUTAIN : LA GUERRE OU RIEN

Mais déjà nous sommes lasses.

Nous préférons nous aussi les promenades dans les bois

Les vertiges tranquilles

Mais même pour cela il faut qu’il y ait

Des bois.

Des lieux où se promener

De la tranquillité

 

Ils nous ont dit : «  la guerre ou rien. »

Mais rien c’est ici. RIEN C’EST PARTOUT OU ILS SONT ENCORE

puis, si même

le désert est de feu

 nous nous ferons huiles

 

Huiles sur toile d’effondrement

 

Nous nous souvenons. 2014.

Les syndicats.

La base qui déborde.

Les émeutes. La joie.

Il n’y avait ni casseurs

Ni pacifistes

Juste un peuple en lutte.

Ils disaient : 67 ans ? Jamais Jamais Jamais

2014.

Glorieux 6 novembre.

2014.

Et puis, la trahison.

Dockers trahit.

Metallos trahit.

Tanguy trahit.

 

Flash News : Un secrétaire général d’un syndicat ouvrier lit une fiche de police sur une chaîne de télévision du capital.

 

ON calme la base.

ON collabore.

ON co-gère l’espace publique.

ON dit que ce traître est devenu député socialiste au parlement européen.

 

L’EVÉNEMENT N’AURA PAS LIEU

L’EVÉNEMENT N’AURA PAS LIEU L’EVÉNEMENT N’AURA PAS LIEU L’EVÉNEMENT N’AURA PAS LIEU L’EVÉNEMENT N’AURA PAS LIEU

(Consensus d’inaction.)

APRES TOUT CELA LE SILENCE  D’UNE RAGE SOURDE QUI ATTEND, GUETTE, CHERCHE DISPERSÉE D’IMPUISSANCE

 

ET ENTRE TEMPS

Squat expulsés.

Mawda assassiné.

Gilets jaunes perquisitionnés.

Militantes féministes tabassées.

 

ET ENTRE TEMPS

La guerre aux pauvres

Aux étrangers

Au vieux

A TOI

A TOI

A TOI

Métro. Bombes. Militaires.

TRAVAILLE CONSOMME ET FERME TA GUEULE

ET ENTRE TEMPS

La fatigue, l’usure

Les ON verra bien plus tard

Peut-être ?

Et si ?

ET ENTRE TEMPS

Les a quoi bons ?

Les adieux.

Le désert.

ET PUIS QUELQUES OASIS AU MILIEUX DU DESERT

Je vais vous dire, vraiment pourquoi je suis devenu gilet Jaune.

Je suis gilet jaune

Parce que les profs, l’école, le tri social – le sentiment d’être bon à rien.

Parce que tu as à mal au dos, aux épaules, aux mains.

Parce que tu as à bien mérité d’arrêter de bosser.

Parce qu’elle a dû choisir entre la bouffe et les médocs.

Parce qu’il a même peur d’aller se soigner à l’hosto.

Parce que tout le monde déteste les huissiers.

Parce que ça me fait de la peine de te voir bosser pour étudier, étudier pour bosser

Parce que c’était trop petit chez nous et que t’as du partir

Parce qu’elle est seule, avec ses gosses, son désespoir et son découvert

Parce que merde, en fait, on traite pas les gens comme ça.

Parce que c’est absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde, absurde.

En fait, merde ;

ON TRAITE PAS LES GENS COMME CA

C’est pour ça que je suis gilet jaune

Parce que, merde, on traite pas les gens comme ça.

ET ENTRE TEMPS

Je vais vous dire pourquoi je suis encore gilet jaune

Parce que l’amour

Parque la joie

Parce que l’amitié

Parce que le partage

Parce que

 Camille,

 Jérome,

 Etienne,

 Céline,

 Florence,

 Pierre,

Karim,

 Papy Jo,

 ACAB,

 Barbe Jaune,

Parce que Maman

Puis toutes les autres,

Puis tous les autres

Parce que les ronds-points

Parce que ZAD PARTOUT

 

PARCE QUE LE MONDE EST MOINS TRISTE DEPUIS QU’EXISTENT

LES GILETS JAUNES

PARCE QUE POUR UNE FOIS

On murmure que pour une fois l’événement a eu lieu.

 

Flash News : ON nous signale que le royaume est devenu une immense nasse.

 

IL FAUT METTRE LE MONDE EN VACANCES

Il disait la grève, la grève

Oui mais pour toujours

La grève, la grève, éternellement

 

On murmure que l’Etat ne serait qu’une certaine manière d’empêcher le bon déroulement de la vie.

On murmure que malgré tout, la vie seule est souveraine.

 

(Pour la communauté qui chante :

PLUS D’INTERLUDE : la musique est partout. Nous ne croirons qu’en un dieu qui s’applique à chanter

Le chant, comme un prolongement de la guerre

La guerre comme un prolongement du jeu

Le jeu

Comme une immense

FÊTE DE L’IMAGINATION )

 

En vérité, le parti des oiseaux n’a jamais rien fait d’autre que de la poésie.

 

 

Flash news : LES OISEAUX RÉCLAMENT QUE LE PRINTEMPS SOIT ÉTERNEL.

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