Traité

de savoir

guerre

Par la S.E.C.T.

Société d’écriture pour un communisme terrestre.

« A mesure que l’art s’enfonce dans l’impasse, les artistes se multiplient. Cette anomalie cesse d’en être une,si l’on songe que l’art, en voie d’épuisement , est devenu à la fois impossible et facile. » Emil Cioran.

FRAPPER D’ANATHEME

« Le mot anathème désigne une réprobation. Cette réprobation peut concerner une mise à l’index, une personne ou une idée. Ce mot est notamment utilisé en rhétorique dans des expressions telles que « lancer l’anathème » et « frapper d’anathème », pour ajouter de l’emphase. L’origine de ce mot est religieuse et selon les époques désigne une offrande ou un sacrifice, comme chez les Grecs et les Romains. Dans le Christianisme, il signifie généralement une sentence de malédiction à l’égard d’une doctrine ou d’une personne, spécialement dans le cadre d’une hérésie. »

Nous sommes une vanité qui aspire au bûcher.

En cela, la poésie plus parfaite, la forme la plus aboutie de sa production littéraire réside dans la simple discussion entre amis, la simple histoire racontée à des inconnus, dans une chansonnette fredonnée ensemble. Elle n’est pas en cela un mouvement proprement littéraire ; elle est un vitalisme expérimental. Le seul système qui lui convient c’est le système paradoxale : considérant que seule les pensées et les actes pauvres en intensité et en foisonnement se contentent de la cohérence. Il s’agit de construire contre, et de déconstruire avec.

Nous n’aspirons a aucun râtelier universitaire.

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Pereat Mundus, pereat mundi, fiat poesia,fiam !

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Nous voilà jeté dans le Siècle des incertitudes. Autour de nous le Monde. Puis Bruxelles où nous sommes joyeusement enfermé. Autour de nous les choix qui n’en sont pas. Les carrières que l’on nous propose. Les jobs qu’on nous impose. Les études qu’il faut bien faire. Autour de nous les images défilent, les sons s’enfuient. Puis toutes ces fêtes auxquelles l’on se rend encore, par habitude ou par ennui. Et toujours au final  ce sentiment qu’il manque un substrat à l’existence. Nous voilà donc jeté dans le Siècle du divertissement. Le Siècle de l’ennui. On ne peut divertir qu’un être qui s’ennuie. On fait pour nous des rêves dont nous n’avons jamais voulu.

Tel est notre mal.

Alors, ces songes se changent en angoisse. Nous voilà au monde, assigné à existence, assigné à Vivre.

Telle est notre ambition.

Opposer à l’ennui l’élan vital de la survie ; de la réalisation de soi, dans ce Siècle de l’Individu, ce Siècle d’Atomisé, qui s’est paradoxalement penché sur le « Moi » pour l’annihiler. « Je hais un autre ».

Telle est notre sagesse.

Heureusement, nous avons trouvé dans la laideur du Siècle, un peu de beauté cachée : aux milieux du cri bestial des klaxons en campagne nous avons recueilli les notes d’une musique secrète . Sur le tableau grisâtre de l’asphalte et du béton nous avons décelé des couleurs enfuies, des couleurs vives. Dans le brouhaha uniforme et informe qui s’élève des foules nous avons entendu les vers d’une poésie silencieuse. Et nous les avons vu s’épouser, s’embrasser puis s’embraser pour se consumer.

Telle est notre folie. .

Alors voilà, puisque le monde est à la fois excitant et hostile, puisqu’au sein de nous – sentiment banal – s’épousent et se chassent les contradictions ; puisque trouver sa place dans une société immobile consiste à s’immobiliser avec elle, nous avons fait le choix du mouvement.

Nous sommes un élan vital de survie.

Nous aspirons au Poétique, c’est-à-dire, à la Vie elle-même, la vie intense, tendre et agressive. Si Dada voulait gifler un cadavre, nous avons, quant a nous, prit parti de gifler les Vivants. Toutes poésie doit être une baffe dans la gueule du réel. Et toute baffe imprimer sa main sur la joue du Monde. Car à la violente laideur des siècles de décomposition, nous opposons la Violente Beauté des Chaos Créateurs.

L’écrit n’est que la forme mortuaire du poétique, son expression figée dans un repos éternel ; seules la vie et les Situations qu’elle occasionne peuvent prétendre au poétique réel. Les plus grands poètes n’ont jamais composé le moindre vers. Même Rimbaud n’est réellement devenu poète qu’après avoir cessé d’écrire. Un baiser, une accolade ou une émeute, sont des instants réel de poésie pure dont l’artiste ne peut que retranscrire une infime partie subjective. C’est au Vers de cheminer vers la plus pure subjectivité du réel.

La Poésie est Situation

Saisissement des Faits

La Poésie est un acte de pure folie

Un acte de délassement

Un abandon vital et morbide vers l’existence

La Poésie est une pulsion de Mort qui aspire à la Vie.

Les mots qui, figée dans des phrases et des livres s’exportent jusque dans les têtes, jusque dans les cerveaux pour se matérialiser en action ou en fait social se transforment en morceau de Poésie Autonome. La poésie doit jouir de son autonomie propre et cheminée dans l’existence sans tuteur et sans propriétaires.

La Poésie doit être vagabonde, sans forme fixe.

La Poésie doit refuser d’être parquée dans des ghettos bourgeois ou populaire.

La Poésie doit aller où bon lui semble, et voler à chacun assez de haine et d’amour pour incendier le Monde.

Il n’y a de poésie que dans l’incandescence.

La Poésie doit être le porte flambeau de la Guerre. Pour gagner son combat contre la laideur, ses flammes doivent éclairer ses bananeraies et appeler à une convergence des Feux. C’est à dire, mêler dans un même élan diverses sensibilités artistiques, politiques, philosophiques, sociologique, dyonisiaque, pratiques et théorique, et diverses méthodes de création dans le but d’une fin commune vers un disensus insurrectionnel. Cette fin tend à créer des situations de poésie objective, vécues dans les chairs et les sens par la multiplicité des supports et des appels à la sensibilité. Ces situations peuvent se matérialiser en exposition, en concert, en soirée, en squat ou en zad, en émeute ou en guerre civile. Enfin en n’importe quelle forme qui conduit à l’échange, au partage, à la diversité, a un désordre commun.

Il faut pratiquer la poésie comme on pratique un art martial.

aristocrate

un pouilleux

callé

toujours déjà déclassé,

chien parmi l’émeute

tu dois incarner la vertu et les déviances réconciliées

te battre dans la rue, boire pendant plusieurs jours

Dormir quand bon te semble.

Aimer comme bon te semble.

O oisiveté, oisiveté chérie,

Nous sommes de tes défenseurs !

Nous avons droit à la connerie, à l’inconstance, à l’exagération

Nous avons droit au romantisme, à l’approximation, à la contradiction

Nous avons droit à l’insulte.

Poéte ! D’abord il te faut, refuser les phrases qui commencent par « il faut ».

Tu dois refuser tous les «  tu dois »

car la poésie est une zone à défendre

Nous invitons tous ceux qui en ont le coeur et le talent à venir la partager, à s’y insérer pour en saper les bases, en reconstruire les habitudes, et au final, prendre part a l’élaboration d’une communauté qui chante.

Nos rêves veulent partir en Guerre.

Et nous n’avons plus assez de soumissions en réserve pour les en empêcher.

ET QUE L’ŒUVRE FASSE MONDE !

N’est Poétique que ce qui se rend ingouvernable.

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