Poésie

II. Je suis pas de votre vitesse

Il ne s’agit plus de critiquer la modernité, mais de créer
en dehors du rythme moderne des espaces durables
où sera rendue possible la transmission des savoirs. "
— N.M

Image : Steve SCHAPIROThe Worst is Yet to Come, New York, 1968

Ma lenteur sur ta vitesse

Je contemple, tu innoves

Je donne une part de mon être

Tu exécutes des performances

Je m’exprime et tu communiques

On parle trop vite

Les messages sont instantanés : on ne se les entend plus penser

L’émotion transvase d’un creux de l’âme-tout à une autre creux de l’âme-tout

Tout est âme-tout

Dans la théorie des cordes

Dans le Vaudou

C’est âme-tout

 

*Ma lenteur baby, baby, c’est gratuit baby, baby.*

 

Le soir je m’arrête pour regarder le soleil changer la couleur des nuages.

Dans ta chambre tu filtres tes égoportraits

Pour ajouter des nuances de ciel sur ton bleu de gris

Et parfois le soir

Je prie

Je m’arrête

Cela m’arrive

De me dire comme ça qu’il faut remercier l’Âme-tout

Car mon âme-moi

S’est incarné dans une illusion qui a l’accès à l’information-tout

À la nourriture-tout

À l’ailleurs-tout

Tout petit dans mon petit confort

J’oublie parfois

Mais je m’arrête et je prie-merci

 

*Ma lenteur baby, baby et toi tu pries pour moi baby, baby ? *

 

Je ne suis pas de votre vitesse

Je suis de la durée

Je m’éternise.

Et parfois je ralentis la vie sur des carnets de peur
qu’elle ne s’échappe par les filtres à bleu de gris que tu mets
sur tes petites routines inavouées.

 

N.M